Session en Loire-Atlantique : le réveil de Viviane

En ce 24 janvier 2013, la plus grosse session depuis dix ans sur un célèbre shorebreak ligérien a eu lieu. Un récit époustouflant par Patrice alias sfat.

Un article publié en 2013 sur Surfing L.A.

Viviane, mère patrie du bodyboard en Loire-Atlantique

Viviane, du latin vivo, vivere (vivre, durer) est un prénom essentiellement féminin, mais c’est également petit sobriquet amical que les habitués d’un célèbre shorebreak de Loire-Atlantique ont donné à leur spot favori. Capricieuse, souvent fainéante ou endormie, de temps à autre colérique ou furieuseViviane est en toute circonstance imprévisible. Située en Loire-Atlantique, royaume des vents on-shore réguliers, et peu réputée pour la qualité de ses vagues, Viviane se réveille de temps à autres pour offrir ses multiples bowls aux bodyboardeurs acharnés et patients qui sillonnent la côte.

Viviane ouvre ses portes

En ce 24 janvier 2009, les conditions s’annoncent prometteuses. Tandis que s’engouffre dans le golfe de Gascogne une terrible tempête qui ravagera une partie des Landes et du Pays basque; une grosse houle de sud-ouest pointe ses lignes ordonnées en direction de nos côtes. Trois mètres de houle, avec une période de 14 secondes, un vent side faible, rien d’exceptionnel, puisque le spot est très bien abrité. Contre toute attente, notre chère Viviane semble bien nous rendre une agréable visite, et quelle visite…

Il est 12 h, lorsque je déboule sur le spot sous ce petit soleil de janvier fort agréable. Première déception, les vagues ne sont pas bien grosses, de petites lignes avoisinant à peine 80 cm déferlent sur le spot. Pas un seul rider sur le parking, hormis deux visiteurs rennais venus tâter notre fameux spot. Je les renseigne amicalement sur celui-ci (les touristes ne sont pas légion sur nos côtes) : « Il vaut mieux attendre encore un peu, cela devrait prendre de la taille au montant ». La température de l’eau avoisine les huit degrés en ce jour, il ne vaudrait mieux pas mouiller ses palmes pour si peu. Petit à petit, les riders ligériens arrivent en ordre dispersé, tout le monde attend que Vivianedaigne cracher quelques séries suffisamment motivantes pour enf3iler la combinaison.

Des tubes de deux mètres en Loire-Atlantique

Les séries gonflent à vue d’œil, tout comme l’excitation des rares motivés pour se jeter à l’eau. La vague avoisine maintenant un bon mètre cinquante. Action !!!

Action en Loire-Atlantique

Le team 944 HP-Prod est présent et profite de ces conditions exceptionnelles. De temps à autre, des séries massives arrivent du large et ouvrent des tubes parfaits dépassant allégremment les deux mètres. Simon Boineau est le premier à oser remonter la pente pour s’envoler sur un splendide el rollo. Guillaume David, enchaîne à son habitude des rides parfaitement calés et quand la bombe passe, il est bien souvent le premier dessus. Le spot ferme beaucoup comme bien souvent, mais quand la sortie est au bout de l’obscur tunnel, c’est l’euphorie.

Boom!

Le public se fait de plus en plus nombreux sur la plage. Simples promeneurs du week-end ou passionnés de glisse, tout ce petit monde scotche littéralement devant les valeureux chargeurs cagoulés.

Un public médusé par les vagues de Loire-Atlantique

Lucien Vuylesteke, alias ptit’ Lulu, notre mascotte locale, ne démérite pas du haut de ses 15 ans et charge allégrement la plus fat session de sa vie. Alexandre Savary débarque un peu plus tard et fait monter le niveau d’un cran, provoquant l’émulation et encourageant tout ce petit monde à profiter intensément de ces conditions si rares par chez nous. Invert de haute volée, spin off the lip, quelques longs tubes et une bonne de boîtes sont à mettre à son compteur. Les riders se jettent désormais à corps perdu dans les mâchoires du monstre.

Belle ouverture en Loire-Atlantique

Deux heures plus tard, exténués par les nombreuses machines à laver et le froid saisissant de l’eau, les riders sortent peu à peu . La marée est maintenant trop haute et les vagues se brisent en un terrible fracas sur le sable. Médusé par ces colosses d’eau, beaucoup reste apprécier le spectacle de la mer en furie. La dernière grosse session, remonte à 1998, celle-ci n’avait jamais été égalée en taille et en qualité, voilà chose faite. Ce 24 janvier 2009 restera dans les esprits comme la plus grosse et la plus grassouillette session que Viviane est bien voulue à ses adorateurs depuis une décennie.

A propos de l'auteur

Ronan Benoît
Rédacteur en chef

Rédacteur, photographe passionné, fondateur de Surfing L.A. J'embrasse la culture waterman. Maître-Nageur de profession. http://cours-particuliers-natation.fr/