Si vous avez commencé à surfer depuis quelque temps, vous avez surement entendu ces expressions : spot exposé, spot de repli, spot de semi-repli. Mais que veulent dire ces expressions ?

La réponse n’est pas si simple qu’elle pourrait paraître, nous allons vous expliquer pourquoi.

Première définition : exposition à la houle

Grossièrement, un spot est dit exposé s’il est exposé à la houle, un spot est dit de repli si son exposition est faible, et un spot de semi-repli est l’intermédiaire entre un spot exposé et un spot de repli.

Si l’on peut prendre une houle de 2 m, un spot exposé aura des vagues aux environs de 2 m, un spot de semi-repli, des vagues aux alentours d’1 m 20 et un spot de repli, des vagues en dessous du mètre.

Vu comme cela, les choses sont assez simple, mais en fait, les choses sont plus compliquées, il manque quelques facteurs dans notre définition de l’exposition des spots.

Les variables de la houle : hauteur, direction, période

Une houle à une direction, une période, et une hauteur. Dans la première définition, on n’avait exposé que la hauteur de la houle pour avoir une définition la plus simple possible.

Dans notre définition plus poussée, on va prendre un compte un facteur très important pour la houle : sa direction.

La France n’étant pas une côte faite d’une ligne droite, son exposition à la houle est très différente d’une région à l’autre. Pour ajouter des complications, au sein même de chaque région, des particularités locales rendent des endroits plus ou moins exposés à la houle également.

Globalement, on va pour simplifier définir deux grandes zones majeures.

La Bretagne (façade ouest, le Finistère principalement)

La Bretagne de par sa position est globalement bien exposée aux houles d’ouest, sud, et sud-ouest. Elle est moindrement exposée aux houles de nord-ouest.

Le sud-ouest (de la Gironde au Pays Basque).

Le sud-ouest quant à lui est globalement bien exposée aux houles d’ouest, nord, et et nord-ouest mais moindrement exposée aux houles de sud-ouest.

Les régions intermédiaires entre ces deux grandes régions du surf ont des mix d’exposition, mais sont globalement plus classée dans des régions de semi-repli (avec quelques exceptions locales)  plutôt que des zones exposées à la houle.

Donc si l’on considère juste la direction de la houle, suivant la région où l’on se trouve cette même houle de 2 m, ne produira pas les mêmes vagues en Bretagne, en Vendée ou dans le Sud-Ouest.

La période de la houle

La dernière variable et non des moindre de la houle est sa période. La période est pour faire simple la puissance que la houle possède. Plus cette période est grande, plus sa puissance le sera. En quoi cette puissance nous intéresse dans la définition de l’exposition des spots, et bien c’est très simple. Avant de se briser sur nos rivages, la houle voyage, avant de déferler, elle freine avec l’avancée du plateau continentale. Et ce plateau n’est pas du tout le même partout en France. C’est cette variable qui influencera le plus au sein d’une même région l’exposition d’un spot. 

Lorsque la houle freine, elle perd de l’énergie. C’est pour cette raison que les spots des régions les plus reculées au niveau de la côte (comme le Cotentin, la Manche, la Loire-Atlantique par exemple), ont besoin d’une houle puissante, pour que l’énergie ne soit pas totalement perdue en chemin.

Le plateau continentale est beaucoup plus prononcé dans l’ouest de la France (Bretagne, Nord de la France, Vendée, Charente-Maritime) qu’au Sud-Ouest.  C’est pour cela qu’une houle a besoin de plus période en Bretagne qu’en Gironde pour produire des vagues de qualité (à orientation similaire). En général, les houles de 7 -8 – 9 sec peuvent produire de jolies petites vagues dans le Sud-Ouest, mais des vagues relativement laborieuse en Bretagne, et inexistante dans les régions plus reculées. Attention, cependant, un plateau continental prononcé est très utile dans un cas précis, ralentir une houle puissante.

En effet, pour que les vagues soient surfables, elles ne doivent pas fermer de tout leur long. C’est exactement ce qui se passe si la houle est trop puissante (trop rapide) par rapport à l’endroit où elle doit déferler. En gros pour simplifier, dans le Sud-Ouest, toutes les houles au dessus de 13 sec / 14 sec, risquent de produire d’immense barres sur les bancs de sables, rendant le surf quasi-impossible (la seule option possible étant les reefs du pays basque). Alors que grâce au plateau continental, en Bretagne et encore plus dans les régions un peu moins exposées, cette même houle, va produire de magnifiques vagues, bien ralenties déjà au large.

Les particularités locales

Nous avons vu que toutes les régions ne sont pas exposées de la même façon à la houle. Il y a des régions exposées à la houle, ou plutôt à certaines houles, des régions de semi-replis et des régions de replis à la houle.

Mais au sein même de ces régions, il y a des particularités locales qui font que certains spots sont exposés à la houle, semi-exposé, ou de repli.

En fait, pour comprendre ou savoir si sur une houle dans une région donnée, votre spot sera plus ou moins exposé, il faut reprendre les 3 facteurs de la houle que l’on a utilisé pour l’analyse des régions.

Ainsi, si on prend l’exemple du Morbihan par exemple qui pourrait être considéré par sa position comme une région exposée à la houle de sud-ouest, sud, semi-exposée à la houle d’ouest, et de repli pour la houle de nord-ouest,  il existe des particularités locales d’exposition des spots (liées aux obstacles en mer, au fond marins notamment).

Si on prend dans le Morbihan l’exemple de la zone de Quiberon / Plouharnel, on va se retrouver avec des une particularité locale liée à la position avancée de la la Presqu’île de Quiberon et sa fameuse côte sauvage. Il y a moins de ralentissement de la houle sur la côte-sauvage de Quiberon, ces 3 spots sont donc plus exposés à la houle que la zone de Plourharnel, où la configuration de la plage très douce frêne beaucoup la houle, rendant son exposition moindre (en plus des îles au large bloquant certaines houles). Le tout, dans un espace géographique distant de juste quelques kilomètres. On peut ainsi avoir des vagues d’1 m 50 sur la côte sauvage et à quelques kilomètres de là, des vagues de 80 cm sur les plages de Plouharnel.

Enfin, les spots sont également appelés repli, semi-repli- ou exposés en comparaison entre eux. C’est ainsi que l’on peut affirmer que Sainte-Barbe serait un spot de semi-repli par rapport à la côte sauvage de Quiberon qui lui serait exposé, et que la plage de Penthièvre serait un repli de Sainte-Barbe et donc un repli de repli de la côte sauvage, et ainsi de suite. Et cette comparaison devient encore plus compliquée lorsque l’on compare l’exposition des spots entre régions. Est-ce que la Sauzaie en Vendée est plus exposé que la côte sauvage de Quiberon, et au sein de la côte sauvage, est-ce que le spot de Port Blanc est plus exposé que le spot de Tronoën dans le Finistère. Les comparaisons vont parti de la culture surf. Mais servent surtout lorsque l’on est curieux à savoir quel spot marchera mieux dans telles conditions. 

Pour conclure, on a vu que c’était l’exposition aux 3 variables de la houle qui permettait de dire si un spot pouvait être considéré comme exposé ou non. Seulement, dans un environnement océanique, il ne suffit pas d’avoir de la houle pour pouvoir surfer, il faut tenir également compte de l’exposition au vent. Cela fera l’objet d’un prochain article : l’exposition au vent.

A propos de l'auteur

Ronan Benoît
Rédacteur en chef

Rédacteur, photographe passionné, fondateur de Surfing L.A. J'embrasse la culture waterman. Maître-Nageur de profession. http://cours-particuliers-natation.fr/