Portrait de créatrice : June Swimwear

Créatrice talentueuse, June respire les embruns océanique dans son lointain Québec. Portrait d’une magicienne de l’esthétique.

Peux-tu te présenter pour nos lecteurs ?

Je me prénomme Julie, j’ai 31 ans et je suis designer pour ma propre compagnie June Swimwear. Je suis une passionnée de couture depuis que je suis toute petite, passion transmise par ma mère et ma grand-mère. J’ai grandi dans un famille très manuelle, et qui aimait partir en voyage l’été, en camping. D’où mon côté nomade et aventurière dès l’âge de 17 ans avec un premier voyage dans l’Ouest canadien. Je suis ensuite partie à 19 ans pour l’Australie et c’est à ce moment que je suis tombée en amour avec non seulement ce pays mais aussi la culture du surf omni présente et le sport en soit. C’est au retour de ce voyage que j’ai décidé de faire des maillots. Au départ pour mon propre plaisir, puis tranquillement ça s’est transformé en entreprise. Aujourd’hui après 4 ans je réalise que mon entreprise rallie plusieurs de mes passions soit la couture, le voyage, l’aventure, le surf et le désir de profiter de la vie que j’essaie de véhiculer à travers mes maillots.

Peux-tu nous raconter l’histoire de Junes Swimwear ?

Comme mentionné plus haut, j’ai commencé à faire mes maillots pour le plaisir, une manière pour moi de me rapprocher de l’océan sans vivre à côté. Le premier maillot que j’ai réalisé, je l’ai confectionné sans élastique, je pensais que ça tiendrait quand même. Ça été ma première leçon à savoir à quoi servent les élastiques ;). À chaque année depuis ma création, j’ai doublé mon nombre de points de vente. Pour l’été 2014 je suis maintenant rendu à 30 et il y a également une boutique en ligne fonctionnelle. Tout le développement de produit se fait à l’atelier situé à Montréal, et la production est faite entièrement au Québec. De plus j’ai la chance d’avoir des ambassadrices dans différents milieux du sport soit le surf, le kite, et le yoga, des filles passionnées par leur sport et qui m’inspirent au quotidien par leurs actions.

D’ailleurs, d’où vient le nom de ta marque ?

Lorsque j ‘étais petite, mon père m’appelait « July » ce qui m’a amené à bifurquer vers June dont j’aimais mieux la sonorité et qui me rappelé que c’est le début de l’été et des vacances.

Te rappelles-tu du premier maillot de bain que tu as vendu ? Quel effet cela t’as fait ?

Je ne pourrai jamais oublier ma première cliente qui est ma très bonne amie Marilyne. Elle est arrivée la première à mon événement de vente tellement énervée, a essayé tous les modèles et les a tous acheté! Ça ne s’oublie pas un sourire comme ça.

D’où tires-tu ton inspiration pour la création ?

Mon inspiration vient de plusieurs façons. Ça peut être à travers un magazine, un film que j’écoute, une personne que je rencontre, un moment en voyage, ou l’imprimé d’un tissu. Ensuite c’est lorsque je fais les essais sur mes amies que je vois si j’aime ou pas un modèle ou un imprimé.

Tu vends des bikinis dans un endroit où l’hiver dure 10 mois, est-ce une façon de lutter contre la neige, où bien une réelle volonté de combler l’envie de soleil des québecoises ?

Un peu des deux. Ça me fait penser à l’été, au soleil et à la mer à l’année longue, et ça comble aussi le besoin des québécoises qui voyagent énormément.

Peux-tu nous raconter une journée type dans la vie de la créatrice de Junes Swimwear ?

Hummm je n’ai pas vraiment de journée type. J’ai des périodes types par contre. Janvier à mars, je suis en production. Mars à mai, c’est la gestion de la collection en boutique. Mai à juillet, c’est la création de la collection de l’été suivant. Août à octobre, c’est la présentation de la collection pour l’été d’après aux acheteurs et finalement Novembre-décembre, c’est la préparation pour la production qui va commencer en janvier. À travers de ça, au cours de l’année il y a des projets spontanés tel des pop-up shop avec d’autres compagnies, des défilés, des photos, des voyages d’affaires ou par plaisir, de la planification pour des événements à venir, du développement de produits connexes. Bref ça bouge constamment dans ma tête!

Tes clientes sont tes premières ambassadrices, comment voient-elles tes produits ? Comment en parlent-elles ?

J’ose espérer qu’elles en parlent en bien 😉 Sans farce pour le moment j’ai des bons commentaires, les filles aiment que mes collections offrent autant des maillots « girly » que des maillots qui tiennent en surf . Il y a une belle versatilité dans mes collections.

Tu vends actuellement qu’au Québec, dans un réseau de distribution bien sélectif ; mais tu nous as annoncé avoir des vues sur l’Europe, et notamment la capitale historique du surf, peux-tu nous en dire plus ?

Depuis le lancement de ma boutique en ligne, j’ai plusieurs filles de la France qui me contactent pour de l’achat. Aussi, pour avoir vécu au pays Basque espagnol un certain temps, je suis en amour avec la côte basque et la région des Landes. J’aimerais donc beaucoup qu’une première boutique me distribue et Biarritz comme vous le dites c’est la capitale historique du surf donc j’aimerais beaucoup que ce soit là.

Nous avons vu une belle présence dans tes images de surf, et de sports de glisse. Pratiques-tu un peu malgré l’éloignement des plages (6 heures environ de la côte est des USA) ?

Étonnamment au Québec il y a plusieurs adeptes de surf. Je suis encore novice dans ce sport, mais y’a pas d’autre endroit où je me sens aussi bien et aucun sport dans lequel je désire autant m’améliorer. Dès que je peux j’essaie d’embarquer dans les voyages de surf qui s’organisent avec mes amis. C’est parfois dans le Maine, parfois plus au sud en Caroline du Nord ou sinon à l’étranger. Et sinon l’hiver c’est le snow.

Tu as récemment fait un partenariat avec les gars de Ouisurf, peux-tu nous en dire plus ? Nous parler de cette rencontre, et du succès que rencontrent ces deux surfeurs québécois qui font le tour du monde, au Québec ?

J’ai connu Ben au Salvador alors qu’il était copropriétaire du El Dorado. Lorsqu’il est revenu au Québec et a décidé de démarrer Ouisurf, il m’a lancé l’idée de lui faire un maillot. Et ça a commencé comme ça, un projet lancé tout bonnement dans un party, qui s’est transformé en quelques prototypes et essayages (la pire partie selon Ben 😉 pour finalement devenir un modèle régulier de ma collection, très aimé de ma clientèle depuis 3 ans. Avec la popularité de l’émission l’année passée au Québec, ça a été également un beau tremplin pour ma compagnie. J’ai aussi souvent droit à des photos sublimes de mes maillots lorsque Ben voyage. Mais mis à part être un produit commercial, cette collaboration pour moi c’est surtout un ami, passionné, hyper travaillant, talentueux, qui me motive quand j’en ai besoin, qui me pousse à travailler mes idées encore plus loin et en un mot, une personne inspirante. Je crois que c’est surement aussi la raison pour laquelle son émission a autant de succès ici, elle inspire beaucoup de gens.

Peux-tu nous parler un peu de la beach culture au Québec ?

Le domaine du surf est en explosion au Québec selon moi. Plusieurs produits commerciaux en lien avec le surf font leur apparition. Que ce soit les voyages de surf, les cours de surf de rivière, les cours de SUP yoga, le surf intérieur sur vague stationnaire, l’entrainement en salle sur surf, les émissions de surf. Bref, je crois que la « beach culture » est bien ancrée au Québec.

Dans quelle ambiance aimes-tu travailler ? Peux-tu nous parler un peu de ton environnement de travail ?

Mon atelier est super lumineux, au 3e étage dans un ancien édifice commercial qui a été transformé en locaux de tout type. L’architecture d’origine a été conservée avant de faire les nouvelles cloisons ce qui mélange le moderne avec le rustique. Évidemment j’ai beaucoup de pièces et matériaux nécessaires à la confection mais j’ai besoin que mon atelier soit rangé avec soin. Je suis plutôt du type épuré à la base, c’est essentiel à ma créativité. Et sinon la majorité du temps il y a de la musique d’ambiance qui varie selon notre humeur.

Quels sont tes modèles en termes de création artistique ?

Au niveau des designers québécois, j’aime beaucoup Valérie Dumaine pour la beauté de ses matériaux et les coupes parfaites de ses créations. À l’international j’adore les créations de Joie (ww.joie.com), Maison Scotch et Minimum. Et pour ce qui est des maillots, j’adore l’audace et la créativité de la compagnie Maaji.

Que penses-tu des créations féminines des grandes marques de glisse ?

J’adore ce que Rip Curl présente. C’est sans contredis ma marque préférée dans les marques de glisse. Leurs collections sont magnifiques, ils savent se renouveler et la qualité se voit dans leurs créations. Sinon je suis une fan finie des souliers Vans, parfaits en toutes occasions.

On parle souvent de l’image de la femme dans les sports de glisse. As-tu un avis sur la question, en tant que créatrice de mode, et femme québécoise ?

Des jolies filles dans l’industrie il y en aura toujours. Maintenant tout est dans la façon de les présenter en tant qu’athlète ou dans la façon de leur faire présenter les produits. C’est clairement possible de le faire sans que ce soit vulgaire ou axé sur le sexe et plutôt focalisé sur l’athlète qui présente un produit qu’elle aime utiliser lorsqu’elle pratique son sport. Pour ma part, les ambassadrices que je choisis ont toutes en commun qu’elles sont des filles inspirantes par les actions et choix de vie qu’elles font et c’est là-dessus que j’aime focuser pour les présenter.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur la création d’un bikini Junes Swimweart. Comment choisis-tu les matériaux, où sont assemblés tes bikinis, … ?

Tout le développement de produit se fait à l’atelier, patron, prototypage, essayage, gradation. Et la production est faite à l’externe mais toujours au Québec, avec une usine spécialisée. Les matériaux proviennent de partout dans le monde mais mes principaux fournisseurs sont au Canada et aux Etats-Unis. Des tests de toutes sortes sont effectués sur les matières premières avant d’entrer en production.

Quels conseils donnerais-tu à des personnes souhaitant créer leurs propres marques de vêtements ?

La passion doit être au cœur de son projet d’entreprise, c’est essentiel car on y passe de nombreuses heures. Sinon savoir évaluer ses forces et ses faiblesses pour pouvoir aller chercher les personnes ressources essentielles. Et finalement ne pas oublier de prendre des vacances, sortir avec ses amis, voir sa famille, c’est essentiel à l’équilibre!

Comment peut-on faire pour suivre tes travaux et ta marque ?

Vous pouvez me suivre sur facebook : June Swimwear Sinon sur instagram : june swimwear Site web : www.juneswimwear.com et la boutique en ligne : http://store.juneswimwear.com

As-tu un ou des derniers mots à ajouter ?

Merci beaucoup pour l’entrevue et au plaisir de vous reparler la prochaine fois sur le sol français.

A propos de l'auteur

watermensociety
Rédacteur en chef

Rédacteur, photographe passionné. J'embrasse la culture waterman.