Surfeur depuis longtemps, Valentin Le Chat, du haut de ses 22 ans a réussi à lier sa passion et son travail. En effet, depuis septembre 2020, il est vidéaste professionnel. Portrait d’un passionné d’images et de glisse.

Par Alizée BCT, jeune étudiante en journalisme, passionnée par les sports aquatiques et leurs cultures spécifiques.

Non loin de la plage de M.Hulot à Saint-Marc sur mer (Loire-Atlantique), la mer est calme en cette belle après-midi hivernale. C’est dans l’appartement familial que Valentin nous a donné rendez-vous.

Le lieu (la plage de M.Hulot) n’est pas anodin pour Valentin. Il s’entraîne sur ce spot régulièrement en surf foil, sa plus récente passion. Passion qu’il partage avec son ami Beryl, dont les derniers exploits ont fait l’objet d’un clip vidéo sous fond de musique urbaine tourné en partie sur ce morceau de côte.

Un clip (visible ci-dessous) repris par le compte Instagram de Surf-Report.com, l’un des plus gros sites de surf en France. Une petite consécration pour ce nantais d’origine et autodidacte.

L’eau comme passion

Le début de ces passions (l’eau et l’image) commence lors de ses années collège. Après avoir passé dix ans à Nantes, il déménage avec sa famille à Saint-Marc-sur-Mer, en Loire-Atlantique. A l’école, Valentin rencontre très vite un groupe de copains, surfeurs, skateurs, aventuriers dans l’âme. Avec leur groupe, hiver comme été, ils sont à l’eau. Se prêter des planches de surf entre eux devient naturel. Pour Valentin, c’est le commencement d’une nouvelle passion en plus du Vélo Tout Terrain (VTT).

A l’époque, le surf pour Valentin:

« C’était vraiment le truc ! Moi je m’étais dit, faire du surf c’est trop cool mais ça doit vraiment être inaccessible. Du moins ça doit être pour les bons et je me suis dit, que je veux un truc, je veux le faire à fond. »

C’est alors à fond que Valentin s’est mis dans le monde de l’eau et de la photographie, jusqu’à arrêter le VTT en terminale après plusieurs parcours sur les circuits de France. A ses débuts dans le surf, Valentin ne s’aventurait pas encore dans les grosses conditions. Il préférait rester au bord de l’eau, il empruntait alors la caméra de sa maman et photographier ce qu’il voyait.

« Il y avait vraiment un bon groupe à l’époque à Saint-Marc-sur-Mer, même avec les personnes de trente ans. Les plus vieux du surf. Ils avaient l’esprit ouvert par rapport à la photo, alors que certains ne veulent pas du tout de photographies. Je m’étais alors dit, c’est cool je peux faire quelque chose. »

Reproduire l’ambiance de ce qu’il voyait à l’eau : un esprit détendu et une bonne ambiance des surfeurs dans un visuel cinématographique, c’était l’objectif de Valentin. Avec son groupe de copain, il fonde alors HAOLEZ. Ils souhaitent créer du contenu sur leurs aventures de surf à travers des photographies, des vidéos et une chaîne Youtube (extrait ci-dessous).

C’est d’ailleurs avec son groupe HAOLEZ que Valentin réalise son premier surf trip, direction Biarritz. Directement après l’obtention de son permis, il conduit six heures à la rencontre des vagues et du soleil de la côte Atlantique Sud. Le rythme de ses prochains trips était lancé, des bonnes vagues, du surf, du soleil, une ambiance détendue avec les copains, des photographies et des vidéos.

De la compétition de VTT au free surf

Pendant ces dix premières années, Valentin pratique le VTT, discipline qu’il continue après son déménagement à Saint-Marc-sur-Mer et ce, jusqu’à ses dix-huit ans. A cet âge, après avoir fait les coupes régionales, la coupe de France, il décide de faire un choix entre ses deux passions sportives. Entre faire de la route en voiture pour rouler dans la boue ou aller à l’eau l’hiver, il choisit le milieu aquatique.

Avec un caractère de compétiteur son choix n’a pas été des plus faciles, tout plaquer en compétition pour passer en loisir, cela n’était pas possible. Alors Valentin s’est investi à 100% dans le surf. Pourtant certaines sensations qu’il éprouvait en VTT, il les a gardées. Telle que la sensation de se défouler, de donner le maximum de ses capacités physiques pour acquérir un certain niveau technique et son propre style.

De la Wombat au Foil

Sa première planche de surf, en quatrième, était une Wombat 6’4. Cette planche, il l’a toujours et aime encore la surfer. Il a ensuite pratiqué une glisse plus rétro avec un longboard puis un fish. Deux planches qui ressemblaient à sa Wombat, en plus performant pour le fish et une longue glisse pour le longboard, toutes deux bien adaptées aux vagues de la Loire-Atlantique.

Le surf foil est ensuite apparu,

« C’était le truc nouveau et moi cela m’a toujours fasciné de voir un truc qui vole au-dessus de l’eau. Je me suis dit, ça doit être incroyable les sensations. »

Pourtant, il ne peut pas se mettre tout de suite au foil, il commence par observer et photographier son ami Béryl BESSEAU qui était déjà un bon surfeur et foileur. Le jour où Gong sort des foils accessibles, Valentin se jette à l’eau. Il arrête dès lors le longboard mais continu de surfer sa Wombat et des shortboards lors de grosses conditions.

« Je fais toujours ça (le shortboard) parce que cela me plaît et parce que le surf, tu ne peux pas le remplacer. Le foil peut éventuellement remplacer le longboard dans les petites sessions et encore cela dépend desquelles. ».

En Loire-Atlantique, pour Valentin, le foil est le plus adapté. Les vagues sont plus molles. Alors avec les straps, il envoie des tricks; et lors de sessions pas terribles à la plage de Mr Hulot, à Saint-Marc-sur-Mer, il peut ressortir complètement lessivé.

La différence entre le shortboard ou son foil, il le ressent dans la taille des vagues. Dès que les vagues mesurent plus de 50 cm, cela devient plus compliqué. Lors de grosses conditions, avec des vagues creuses, un shortboard permet de mieux rentrer dans la vague, directement au creux et d’avoir une meilleure sensation de glisse.

L’importance de l’ambiance à l’eau

Pour Valentin, les meilleures sessions ne sont pas forcément celles où les conditions météorologiques sont au rendez-vous, mais les sessions où il a rigolé avec les autres surfeurs, lorsqu’il en a profité, il s’est alors senti libre, en se vidant la tête. Certaines fois, c’est justement dans ces sessions surprises, sous la pluie, qu’il a surfé de bonnes vagues.

« Souvent on dit que les meilleures sessions sont celles qui ne sont pas prévues. Quand le vent tourne, tu es trois à l’eau et que là ça commence à être parfait. Tu te chauffes avec tes potes parce que tu dis c’est le hold-up. Et nous, on a toujours cette expression de hold-up parce que je me souviens, une fois, on allait en vélo à Bonne Source, vu qu’on n’avait pas le permis. Il faisait trois degrés, il pleuvait. Il y avait un gros vent qui rendait le plan d’eau pas terrible. Mais, on voulait quand même vraiment aller à l’eau, et là, on arrive sur le spot et c’était juste parfait, vent off, il pleuvait, on était trempé. Mais les vagues étaient juste ouf et puis cela faisait limite un peu peur pour nous à l’époque, car on n’avait pas un gros niveau. »

C’est pour cela qu’il conseille aux surfeurs de rigoler lors des sessions, de rigoler à chaque session. Mais aussi d’observer les autres surfeurs, de rester motivé.

« Ce n’est pas la compète. Comme il y a de plus en plus de monde, si chacun respecte les bases, tu as le smile. »

En parlant d’ambiance, une vidéo signée Valentin Le Chat.

Objectif “High Quality”

Valentin ne débute pas dans l’art uniquement par la photographie, dès le départ il s’ouvre aussi à la vidéo. Lors des montages, il cherche à faire des scénarios, des films avec des musiques, une ambiance. Ce qui lui plaît dans la vidéo, c’est aussi bien le fait de filmer que de penser au montage qui arrivera ensuite.

Valentin commence les premières retouches lorsqu’il acquiert un canon 80D, son premier DCLR. Il compose alors ses premiers filtres, effets. Sébastien ZANELLA et Léo MAGRAIT sont alors (et toujours) deux photographes qui l’ont influencé, tant dans leurs styles que dans les goûts photographiques. Aujourd’hui, ces photographies et vidéos comportent une trame texturale, une teinte argentique, colorées de tons automnaux.

Ses objectifs depuis le début de son aventure artistique sont les mêmes : créer du contenu en particulier sur le surf, le skate mais aussi le Van life avec Drop’im. Un service de location qu’il a fondé avec trois autres copains. Des locations de Vans aménagés importés des Etats-Unis.

Comme ce service de location, les clients de Valentin sont principalement des petites entreprises. Elles sont dans l’artisanat, la plaisance ou encore le nettoyage. Pour ses clients, il tourne des vidéos dans le but de créer des micros films avec une haute qualité, un scénario qui transmet un message. Pour la partie sonore, comme les voix-off, les enregistrements d’ambiance , il travaille avec son ami Quentin LE GORREC.

Même si Valentin continue à faire de la photographie, il choisit de cibler en priorité la vidéo, plus précisément des vidéos publicitaires ou bien des films institutionnels avec comme objectif la « high quality ».

Un minuscule aperçu du talent de Valentin en vidéo

Le choix de la haute qualité ainsi que le montage cinématographique a d’ailleurs très vite impressionné son entourage. Petite anecdote ; lors de son année de licence cadre commercial, il doit réaliser par groupe une vidéo sur un produit pour son cours de communication. A l’époque, Valentin collabore déjà avec une marque de surf, Wildsuits. Il réalise une vidéo pour la promotion d’un produit sur le site de la marque. Au même moment, il doit rendre le travail de groupe et décide donc d’utiliser cette vidéo. L’enseignant pense que cette vidéo n’est pas leur travail mais une copie d’une vidéo déjà existante et leur attribue la note de zéro. Après communication sur le partenariat de Valentin, il obtiendra finalement un vingt.

S’il a des conseils à donner aux personnes qui photographient, filment, ils sont les suivants : observer et savoir comment rendre le sujet le plus beau possible.

Observer ce que les autres photographes ou vidéastes font; trouver sa propre marque et mettre en valeur les sujets derrière la caméra.

« Quand tu veux prendre quelque chose en photo, il faut se dire : tu as ton sujet, comment tu vas le mettre le plus en valeur. C’est tout bête, mais des vidéos de surf tu en as pleins et des photos de surf tu en as pleins, mais le but, moi je me pose tout le temps la question, c’est comment je vais faire pour rendre ça le plus joli possible, le mettre le plus en valeur. »

Pour suivre le travail de Valentin Le Chat

Compte personnel

https://vimeo.com/valechat

Compte pro.

https://vimeo.com/valechat

La chaine Youtube de Haolez

https://www.youtube.com/channel/UCDQ_P6_Fbrfb7CAnMwMl_xQ

Sucré ou Salé ? (Questions rapides)

Tu es plutôt sunset ou sunrise ?
Euh, sunset. Sunrise c’est dur de se lever.

Plutôt Biarritz ou Crozon ?
Ça c’est dur (rire). En vrai Biarritz quand même.

Plutôt Californie ou Saint-Marc ?
Ça c’est dur aussi (rire). Euh c’est compliqué parce que la Californie je ne suis pas resté assez longtemps, mais en même temps j’ai trop envie d’y retourner. Donc franchement, allez je dirais 50/50.

Ton rituel du matin ?
Oula (rire) moi c’est café, jus d’orange et ça dépend soit c’est des princes soit c’est des céréales Cruesli.

Ton rituel avant une session ?
Ah mais attends si on parle du dimanche matin… Le rituel ça termine à quelle heure ? (rire) Nan, rituel avant une session, je n’ai pas de rituel. Ah si rituel c’est d’aller voir, de se poser sur le chemin côtier quoi. Ou sinon rituel avant une session, je n’ai pas réfléchis à ça moi. Nan je ne sais pas.

Ton rituel après une session ?
Après une session bah souvent c’est quand même pas mal petit café. Si c’est le matin tôt, c’est petit café, croissants à la maison. On n’a pas mal fais ça cet été quand même. Et puis cet hiver aussi un petit peu. Et souvent un petit truc comme ça, café croissants. Un petit goûter quoi. Soit un petit dej’ soit un goûter.

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef

Rédacteur, photographe passionné. J'embrasse la culture waterman.